Alain Quairel, un sage en liberté…

Le mercredi 26 février 2014, dans l’émission « Silence, ça pousse » de la chaine France 5 du groupe France Télévision, un sujet consacré au bonsaï a été diffusé.
C’est Alain Quairel, membre bien connu de tous les adhérents de notre association, qui nous raconte sa passion. Comment  un bonsaï prend forme à partir d’un matériel prélevé dans la nature.
Une histoire contée avec amour, et modestie, mise lumière et animée avec talent et poésie. Tous les ingrédients pour faire du beau Bonsaï.

Alain, comment est venu l’idée de ce reportage ?
L’idée vient d’Eric Pouget, un réalisateur qui travaille pour le groupe France Télévision. C’est un ami qui, depuis le temps qu’il vient chez moi, connait et aime bien le bonsaï. Il m’a proposé de participer à un reportage destiné au grand public sur le bonsaï, et  j’ai bien entendu accepté. J’apprécie chez lui, ses qualités d’homme et sa vision sensible et délicate qui transparait dans le petit film.

Comment s’est déroulé le tournage ?
Dès que je peux partager ma passion, je suis heureux. La saison 2013 était un peu avancée, mais j’ai pris le risque.  Ce fut deux jours et demi très tranquilles, pas intenses du tout. Nous avons refait quelques séquences, et au bout, cela a fait quand même quatre heures et demi d’enregistrement. Cela aurait pu faire un sujet de plus de vingt minutes.

En ce qui concerne le prélèvement, peux-tu nous donner des détails ?
C’est sur un site que je connais bien. Nous sommes partis le nez au vent, et il aurait été étonnant que je ne trouve pas un arbre correct a prélever, même si j’ai déjà bien exploité l’endroit. Il n’y avait aucune pression particulière puisque se sont des gestes et une technique habituelle. Je ne prélève pas s’il faut casser du caillou. Mes explications sont celles que je donnerai à n’importe qui car j’ai l’habitude de faire de la formation dans mon club et ceux de la région quand je suis mandaté par la Fédération Française de Bonsaï. Je raconte ma passion, il suffit de se laisser aller et tout vient ; explications et réflexions.

Pour ce charme, dévoiles-nous les secrets pour la réussite de l’opération.
Il a suffit de le cerner au louchet, c’est une bêche très longue et étroite. Puis d’enlever l’argile avec un bâton de bambou, et reboucher le trou. Les radicelles sont parties avec la terre ! Mais nous voyons bien que les racines y sont. Une fois arrivé chez moi, un bon bassinage au « tonus V » est directement réalisé, ensuite je le place dans un container avec de la pumice, un stimulateur racinaire, de la mousse de sphaigne et je le pose dans un endroit hors du vent et à l’abri du soleil. Il a  un peu fait la tête pendant dix jours puis a redressé lentement ses feuilles, et en juillet les pousses sont reparties. Il a gardé des feuilles vertes basses jusqu’en janvier.

Et maintenant, comment se porte-t-il ?
Comme un charme ! Actuellement c’est le plus en avance de tous mes charmes, les bourgeons sont turgescents. Dans ma région, l’idéal est quand même de prélever au moment de l’éclatement des bourgeons, comme pour le rempotage. Il ne faut pas oublier que lorsqu’on prélève où achète un arbre, ce qui est important, ce n’est pas la masse foliaire mais la qualité du tronc et du Tachiagari.